Discours de Clément Gautier, secrétaire général de l'Action Française, lors de l'hommage à sainte Jeanne d'Arc le 12 mai à Paris

L'Action Française 14 mai 2019 12:22 Jeanne d'Arc Clément Gautier
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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers amis,

Le temps n'est plus où le parti communiste voulait voir en Jeanne d'Arc la première paysanne de France ! La république a complètement rejeté celle qui est la figure de la Patrie et qui incarne à la fois les vertus naturelles et surnaturelles.
Comme chaque année depuis un siècle, l'Action Française rend hommage à celle qui a sauvé la France alors que tout semblait perdu et nous le faisons pour des raisons aussi bien historiques et doctrinales.
Historiques d'abord car nul ici n'ignore que c'est l'Action Française qui au début du XX e siècle a bravé les entraves de la république pour réveiller le culte de notre héroïne nationale.
En 1908 les valeureux Camelots du roi défilèrent sans craindre de se faire tabasser par les forces de l'ordre et c'est finalement au prix de 10 000 jours de prison et après 4 années d'affrontement que le cortège fut autorisé en 1912. Après la Grande Guerre, c'est sous l'impulsion de Maurice Barrès que les députés votèrent la loi qui instituaient cette belle fête nationale.
Je tiens à saluer la présence ici de Marielle Pujo qui représente cette Tradition nationaliste.
A travers elle nous saluons nos maîtres, Charles Maurras bien sûr, mais aussi son père, Maurice Pujo, fondateur de l'Action Française, à un moment où les Français étaient divisés par l'affaire du traître Dreyfus.
J'ai aussi une pensée émue pour Michel Fromentoux, qui, aujourd'hui malade, aurait aimé être des nôtres. Que d'illustres défenseurs de la Patrie sont venus et viennent encore aux pieds de celle que Jean-Marie le Pen n'a pas hésité à qualifier de «plus grand homme politique de France » !
Nous marchons donc ici dans les pas de ceux qui ont tracé le sillon du nationalisme intégral et qui sont restés fidèles à cette doctrine contre vents et marées. 
Et c'est bien pour des raisons doctrinales que nous répondons présents à l'appel de Jeanne, celle qui incarne cette espérance française au plus haut degré.
En observant les crises et l'état pitoyable dans lequel se trouve la France nous constatons que la leçon politique de la sainte de la patrie, le « politique d'abord » est plus que jamais d'actualité.
Quand nous disons « politique d'abord » nous ne mettons pas la politique au-dessus de tout.
Rien n'est plus agaçant que d'entendre parler du soit disant agnosticisme de Maurras qui l'aurait poussé à méconnaître le surnaturel et à nier l'importance de la prière. Charles Maurras avait hélas pour des raisons bien complexes perdu la foi à l'âge de 14 ans et il en souffrit toute sa vie. Mais il n'a jamais cessé de faire éclater dans son œuvre son admiration pour l'ordre Catholique.
Nul mieux que le maître de Martigues n'a compris avec autant de clarté le mystère de Jeanne d'Arc.
Après la libération d'Orléans, notre héroïne refusa de courir chasser les anglais et préféra la route de Reims pour y faire sacrer le Dauphin Charles.
Et c'est là, chers amis, qu’apparaît tout le sens de la politique de Jeanne d'Arc en qui l'Action Française a toujours reconnu le modèle du vrai nationaliste : le but était religieux mais les moyens étaient politiques, la France existait par son Roi légitime et il fallait d'abord que celui-ci régnât.
Sans doute quelques-un pensaient qu'il suffisait de demander des processions, des pèlerinages et des messes, de transformer le peuple en un peuple d'anges pour que tout le monde s'entendit et qu'on n'eut plus besoin de se battre !
Ce discours-là, démocrate-chrétien avant l'heure, Jeanne l'entendit sûrement !
Mais elle était réaliste et ne croyait pas à la restauration spontanée de l'ordre.
Nous comprenons alors que les voix de Jeanne s'accordent avec les principes d'une politique sage, qui sait se plier à la nature des choses.Tant qu'il n'y avait pas de roi sacré, tout demeurait aléatoire. Tant que le pouvoir n'était pas légitime, le pays - ou ce qu'il en restait - était livré au chaos.
Le despotisme anglais et l'anarchie féodale devaient être dominés par un Roi légitime, la solution à la crise était donc politique !
Charles Maurras souligne cela quand il dit que « Rien ne se fait dans la cité des hommes, sans une règle d'ordre étendue à toutes les fonctions. Il en est de plus hautes que la fonction politique, mais dans la suite du temps, elle est la première. Politique d'abord ! Dans un pays sujet au déchirement des partis, le gouvernement du Roi a la vertu de mettre fin aux divisions et aux convoitises du gouvernement de plusieurs ! C'est donc par le Roi qu'il nous faut commencer ! »
A l'école de l'Action Française nous pensons, comme Jeanne, que la prise du pouvoir politique précédera la résolution des problèmes, qu'ils soient sociaux, moraux et identitaires. C'est la raison pour laquelle notre action est d'abord politique avant d'être culturelle, morale ou religieuse.
Aujourd'hui, nous subissons les effets de l'infâme démocratie : la puissance de la fortune anonyme et vagabonde, l'action néfaste des États dans l’État combinée au grand remplacement et à une crise des mœurs sans précédent !
Tout cela nous invite à tirer la leçon politique de l'action de Jeanne d'Arc ! Avec Jeanne, nous sommes à la jonction du politique d'abord et du Dieu premier servi, chacun de ces principes appelle l'autre et cela érige l'action politique au niveau de l'une des formes les plus excellentes de la charité !
Alors chers amis, appliquons-nous à mener l'action jusqu'au bout car nous défendons l'héritage en l'absence de l'héritier : il s'agit d'oser renverser la démocratie pour qu'enfin les libertés d'en bas soient garanties par l'autorité d'en haut ! Car jamais autant que sous nos yeux ne s'est vérifiée la prédiction de notre vieux maître Charles Maurras : «  La démocratie c'est le Mal, la démocratie c'est la mort » !
Et puisque notre pays est placé sous la protection de Notre-Dame, n'ayons pas peur de joindre l'action à la prière à l'image de ce que fit Jeanne, c'est ce à quoi nous invite la petite Thérèse de l'enfant Jésus en disant : « il faut toujours prier comme si l'action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante » !

Nous résistons sur le dernier bastion !

« Tout désespoir en politique est une sottise absolue »

 

Vive Jeanne,

Vive la France

Et Vive le Roi !