MUNICIPALES : RECONQUÊTE DES COMMUNES

senraciner

L'Action Française 7 févvier 2020 23:59 Stéphanie Bignon

VK

Par Stéphanie BIGNON

Nous sommes des enfants gâtés !
Nos rois nous avaient laissé plus de 40 000 communes réparties dans tout le royaume de France. Malgré les assauts incessants du nouveau régime, il nous en reste encore plus de 34 000, soit presqu’autant qu’aux États Unis d’Amérique qui n’en comptent que 35 000. En France, 94 % des communes comptent moins de 5000 habitants. Elles sont donc le théâtre parfait pour nos opérations de reconquêtes de notre territoire, loin des appareils politiciens inhibants que sont les partis politiques. Ernst Friedrich Schumacher écrivait en 1973 dans Small Is Beautiful : « Quelle est donc l'échelle qui convient ? Tout dépend de ce que l'on cherche à faire. La question d'échelle est aujourd'hui cruciale au plus haut point, dans les affaires politiques, sociales, économiques, aussi bien qu'en tout autre chose. »
La France par son seul réseau exceptionnel de communes ne justifie-t-elle pas son titre de fille aînée de l’Église ? Le principe de subsidiarité appartient aux fondamentaux de la doctrine sociale chrétienne. Il consiste à « donner la responsabilité de ce qui peut être fait au plus petit niveau d’autorité compétent pour résoudre le problème. », nous enseigne Joseph Ratzinger (Instructio de libertate christiana et liberatione, 22 mars 1986). Encore faut-il que ce plus petit niveau existe ! Par la commune nous pouvons résister concrètement à l’Europe de Maastricht, et résister à toutes les dérives en général. La commune est le seul outil de combat institutionnel qui nous reste. Il est le plus compliqué à corrompre et donc le seul échelon menacé de disparaître ! Nous pouvions apprendre dans un article d’Emilie Denètre du « courrier des Maires et des élus locaux » du 22/10/2018 que l’Union Européenne comptait près de 89 000 communes ; 80% d’entre elles sont concentrées dans 5 pays seulement, en tête desquels se distinguent la France (41%), suivie de l’Allemagne (13 %), l’Espagne (9%), l’Italie (9%) et la République tchèque (7 %). De l’autre côté du spectre, on retrouve l’Angleterre, où les communes comptent en moyenne plus de 150 000 habitants !
Cet article portait le titre de : « En Europe, toujours plus de fusions de communes… pour des résultats en demi-teinte ». La journaliste poursuit, « depuis la crise de 2008, de nombreux pays européens se sont lancés dans une stratégie de fusion des communes, notamment pour réaliser des économies d’échelle, encouragés dans cette direction par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). En Grèce par exemple, le nombre de communes a été divisé par trois en quelques années, passant de 1034 à 325. » Emilie Denètre constate que ces économies d’échelle attendues ne sont pas au rendez-vous : « Pour autant, ces fusions communales ne semblent pas entraîner systématiquement des gains financiers, qui étaient pourtant le but visé par ces regroupements. « Au regard des études théoriques et recherches empiriques réalisées, il s’avère que ces réformes territoriales n’ont pas permis des économies d’échelle. Ainsi, les études réalisées démontrent que les économies potentielles dans les coûts administratifs que permettraient les fusions de collectivités sont susceptibles d’être compensées par des effets contraires dans d’autres domaines », peut-on lire dans les conclusions de l’étude européenne. Exemple : le Danemark, où 239 communes de moins de 20 000 habitants ont été regroupées en 2007 pour former 66 nouvelles unités. Résultats : si les coûts administratifs au sein de communes regroupées ont bien diminué, tout comme ceux liés à l’entretien (au kilomètre) des routes, les frais de gestion et de mise en œuvre des services public locaux (crèches, écoles, soins aux personnes âgées, etc.) ont en revanche augmenté. » Nous sommes bien en république, confrontés aux vues de l’esprit désincarnées de fonctionnaires zélés qui prennent leurs désirs pour des réalités, utilisés eux- mêmes par les grands argentiers de ce monde et relayés localement par quelques cuistres. Le gigantisme des EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunale) impose une gestion bureaucratique éloignée des réalités du terrain et donc immanquablement plus coûteuse. Ces fonctionnaires méconnaissant les communes et leurs particularités administrent nos territoires de manière statistique et quantitative. On nous impose une gestion toujours plus bureaucratique, anonyme et lointaine. La Loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) est claire. Le projet est de transférer l’essentiel du pouvoir communal vers l’échelon intercommunal. L’augmentation de la taille des intercommunalités « doit être l’occasion de revoir la gouvernance des EPCI (Établissement public de coopération intercommunale) […] pour éviter une influence trop importante, voire bloquante, des petites communes ». « A terme, la clause de compétence générale des communes devrait être transférée aux EPCI, qui seraient élus au suffrage universel direct ».
Faire disparaître les communes ressemble à une expropriation territoriale et politique. Par exemple, le Plan Local d’Urbanisme (PLU) devient Intercommunal avec le PLUI et sort des prérogatives du maire et de ses administrés. L’échelle humaine des communes est menacée par le gigantisme froid des intercommunalités. Or selon Ernst Friedrich Schumacher « Il n'existe pas de solution définitive, de solution statistique à ce genre de problèmes. Il n'existe qu'une solution vivante, … ». Investissons-nous tous en politique locale seul niveau où celle-ci ait gardé sa noblesse, « la politique est la forme la plus haute de la charité » selon Pie XI. Pour Noël 1945, Pie XII nous rappelle que « l’expérience aurait dû apprendre à tous que la politique orientée vers les réalités éternelles et les lois de Dieu est la plus réaliste, la plus concrète des politiques. Les politiciens qui pensent autrement ne créent que des ruines. » Or ces réalités concrètes et éternelles se trouvent sur le terrain, là où nous sommes, dans nos communes et quartiers. Elles sont l’humus indispensable où doivent s’enraciner les politiques régionales et nationales. Sans plus attendre assistons aux réunions publiques de nos conseils municipaux, prenons connaissance des dossiers, évaluons les marges de manœuvre qui nous restent encore et battons-nous pour exercer toutes nos responsabilités d’êtres-vivants, humains et chrétiens ! La commune aujourd’hui est seule face à la Machine Europe, les nations ayant bradé leur souveraineté. La subsidiarité a pour naturelle et nécessaire contrepartie l’allégeance. Les communes pourront redonner vie au royaume de France car si les communes retrouvent leurs prérogatives, leur souveraineté, elles pourront décider à qui rendre allégeance, citons Chesterton : «Le monde s'est divisé entre Conservateurs et Progressistes. L'affaire des Progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L'affaire des Conservateurs est d'éviter que les erreurs ne soient corrigées.»

Alors, redevenons chrétiens et battons-nous pour nos communes !