Notre-Dame au péril des flammes et des architectes

L'Action Française 30 avril 2019 11:01 Notre Dame de Paris

merkelmacron
par Iannis Moriaud

Le drame qui survint lundi dernier fut une déchirure à plus d’un titre, pour le cœur de tous les catholiques bien entendu, pour le cœur de tout les Français et de tous les amoureux de Paris en particulier car, n’en déplaise à certains bobos du Ministère de la Culture, les touristes en séjour à Paris visitent plus Notre-Dame ou Le Louvre que Beaubourg ou la Tour Montparnasse… il n’y a bien que les dermatologues qui s’intéressent aux verrues !
Je ne reviendrai pas ici sur les causes plus que troubles de cet incendie ou sur l’enquête en cours qui n’en doutons pas sera en grande partie étouffée. On conclura certainement à un accident, à une défaillance quelconque et le bouc-émissaire est tout trouvé ; certains sous-fifres de notre classe politique accusent déjà Julien Le Bras, directeur de l’entreprise en charge de la réfaction de la flèche. S’il faut une victime expiatoire à offrir en sacrifice à l’opinion médiatique, ils prendront probablement cet homme tout à fait honnête et consciencieux. La dernière théorie à la mode dans les milieux de la bienpensence c’est qu’un mégot aurait fait prendre le feu, un mégot contre une charpente de 800 ans d’âge… surtout ne cherchons pas à être crédibles !

Mais au delà des causes et des questions techniques, même si il s’avère que cette catastrophe est purement accidentelle, l’état dans lequel se trouvent nos églises et notre patrimoine en général est alarmant. Vivant à Dijon, je peux constater par exemple le cas de l’église Saint-Philibert (seule église romane de la ville) transformée en entrepôt à sel lors de la révolution dite française, menaçant de s’effondrer à cause des agressions du sel sur les piliers et dont tout ce qui a été fait pour la maintenir debout fut de mettre une ossature en bois à l’intérieur… Certains élus anticléricaux se réjouissent de ces insalubrités, leur donnant un prétexte pour raser, « par mesure de sécurité » disent-ils. L’Enfer est pavé de bonnes intentions !

Sans aller jusqu’à dire catégoriquement que Macron est derrière le drame de Notre-Dame et que c’est Benalla en personne qui a gratté l’allumette, un caricaturiste allemand a représenté Macron jetant de l’essence sur la cathédrale. Des experts américains et chinois s’interrogent sur un possible attentat camouflée en accident, ce qui semblerait très vraisemblable pour préserver le sacrosaint « vivre-ensemble » !

Sans être affirmatif il faut bien se demander comme dans tous les polars, à qui profite le crime. Il profite bien entendu à Macron qui peut désormais rejouer son rôle de Pater Patriae en carton pâte qu’il jouait pendant la campagne électorale aux fêtes johanniques et au Puy du Fou tout en clamant…en même temps… « qu’il n’y a pas de Culture Française » !
Le voilà qu’il s’offre désormais une nouvelle virginité politique en pleine crise des gilets jaunes sur le dos de Notre-Dame, qu’il bombe le torse en parlant d’un peuple de bâtisseurs, quand il dit que « Cette cathédrale nous la rebâtirons » et qu’il ose dans un excès d’orgueil jupitérien ajouter qu’elle sera encore plus belle. Cela frise le ridicule… Comment peut-il oser prétendre faire plus beau qu’un chef d’œuvre gothique ? Faudrait-il lui rappeler que quand Justinien le Grand s’exclama « Ô Salomon je t’ai surpassé », il avait l’excuse d’avoir édifié la Basilique Sainte Sophie de Constantinople ?
Macron chantant son programme de bâtisseur devant les caméras alors que la charpente était encore rougeoyante lui donnait des faux airs d’un Emmanuel Néron jouant de la lyre en contemplant les flammes.
Oubliant que son mari avait refusé de faire le signe de croix sur le cercueil de Johnny Hallyday avec le goupillon, par souci de laïcité, (laïcité qui l’inquiète moins quand il s’agit d’aller au dîner du CRIF ou de souhaiter aux chances pour la France un joyeux Aïd), Brigitte a pu jouer les dames chanoinesses du Latran lors de la messe chrismale délocalisée à Saint Sulpice au cours de laquelle Mgr Aupetit en pamoison lui donnait du « Chère Madame » en plein sermon.

Comme si la situation n’était pas assez catastrophique, certaines personnes boudaient ce rare monument de communion nationale.
Les juifs ont été en grande partie assez discrets, ils sont bien conseillés en communication et leurs instances officielles ont adressé des vœux à la « Communauté Catholique » (mieux vaut encore ne rien dire). Il y a bien un rabbin qui a rompu l’hypocrisie en affirmant que les flammes étaient un châtiment divin pour punir les autodafés du talmud qui avaient eu lieu sur le Parvis de Notre-Dame !
Les métèques musulmans non-assimilés et non-assimilables ont beaucoup ri, mais cela n’est guère surprenant, à l’instar de la thèse sur la punition des autodafés du talmud, certains parlent de vengeance pour un tweet potache sur la Kaaba de La Mecque.
Et comme si les juifs et les musulmans ne suffisaient pas, l’extrême-gauche y est allée aussi de ses sarcasmes, les anarchistes et autres libertaires y sont allés avec leurs slogans traditionnels : « La seule église qui illumine est celle qui brûle », citation sortant de l’esprit malade du terroriste anarchiste espagnol de la CNT Buenaventura Durruti…
Le syndicat étudiant UNEF, gardien sacré de la pensée unique sur les campus universitaires a aussi fait dans le registre de l’ignoble, les propos de la jeune Hafsa Askar ne sont guère étonnants venant de celle qui voulait « gazer les blancs ». Dans les rangs de cette officine gaucho-estudiantine qui allie hijab et cheveux bleus, personne n’a condamné ces propos.
Tous les militants de l’UNEF n’ont pas les racines subméditerranéennes de Mademoiselle Askar et certains d’entre eux ont peut-être parmi leurs aïeux des maçons ou des charpentiers qui ont bâti cette cathédrale ; si tel est le cas, du haut de leurs huit siècles ils peuvent cracher à la figure de leur descendance indigne qui cultivent la haine.
Puisqu’ils font leurs les propos de cette musulmane (qui ne doit d’ailleurs pas non plus être un pilier de mosquée, plus occupée à faire des réunion sur les droits des transgenres ou à écouter ses amis crasseux torturer les cordes d’une pauvre guitare mal accordée, qu’à faire ses ablutions et ses prières), ils n’ont qu’à demander l’asile en Arabie Saoudite ou aucune cathédrale ne les embêtera, mais je ne suis pas certain que la cohabitation se passe pour le mieux...
Toujours est-il que ces gens n’ont rien à faire en France car ils ont renié leur héritage civilisationnel. Les rosaces, les gargouilles et les chimères aux allures patibulaires, les toccatas de Cochereau aux grandes orgues, le vieux maître autel hélas amoindri par celui du Novus Ordo, les inestimables reliques de la Passion que Saint Louis a ramené en sa capitale, les poèmes de Péguy et les évocations d'un Moyen-âge romanesque dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, la charpente trésor des compagnons, les départs pour Chartres dans la fraîcheur d'un samedi matin, ou tout simplement un regard sur la façade que tout voyageur jette quand il est sur le parvis au point de départ de toutes les routes de France, tout ceci est la Civilisation et ceux qui ricanent, les nouveaux barbares.
Cette civilisation, cet héritage millénaire, ces églises que même des non-croyants de bonne foi n’imaginent pas ne pas être aux centres des villages de France, sont de plus en plus attaqués. On a beaucoup parlé de Notre-Dame de Paris, symbole universel de notre Patrie (car même à Séoul on pense aux tours de la cathédrale à la simple évocation du nom de « Paris »), mais quantité d’églises sont incendiées, profanées ou sauvagement démolies.
Rien qu’à Paris et dans la Petite Couronne, outre Notre-Dame on doit aussi déplorer la tentative d’incendie de l’église Saint-Sulpice ainsi que les tristes événements à la Basilique-nécropole Saint-Denis.
Mais dans toute la France les drames sont quotidiens, chez nous à Dijon, l’église Notre-Dame, connue pour la statue en bois de la Vierge et pour la chouette a été littéralement profanée.
Cette triste litanie d’églises attaquées serait incomplète sans y mentionner la cathédrale de Lavaur, ville dont Mgr Pontier, évêque de Marseille et Président de la Conférence des Evêques de France est originaire (cela n’a pas semblé le bouleverser outre-mesure, sans doute trop occupé à courtiser pasteurs, imams et rabbins de la Cité Phocéenne)… Et que dire des église saint-Jacques de Grenoble entièrement détruite par les flammes, de Houilles, de Maisons-Laffite, de Montluçon…

A l’issue de cette bataille du feu qui aura mis en lumière l’abbé Fournier (aumônier des Pompiers de Paris) pour son sauvetage héroïque du Saint-Sacrement et des reliques de la Passion, une autre bataille de longue haleine s’annonce.
En effet les cendres de la charpente étaient encore fumantes que les charognards ennemis du Beau et ennemis déclarés de Dieu avaient déjà élaboré des projets pour enlaidir la vieille Dame gothique.
Les architectes en herbe ont déjà présenté leurs croquis hideux à la sauce dubaiote. Edouard Philippe a même appelé à un concours pour trouver qui défigurera le mieux Notre-Dame… il faut bien admettre à sa décharge qu’il fut maire du Havre, reconstruite à la va-vite par Auguste Perret, l’orfèvre du béton armé. Les idiots utiles prétextent que la flèche de Viollet-le-Duc était déjà une création du XIXème siècle et qu’il n’y a donc pas de raison de la refaire à l’identique, ce que ces andouilles oublient de dire c’est que même si Viollet-le-Duc n’était pas un architecte archéologisant et qu’il a pris quelques libertés créatrices, il n’a jamais cherché à dénaturer mais puisait son inspiration dans l’art médiéval, Notre-Dame était gothique il a fait du gothique.
Franck Riester, Ministre de la Culture a montré justement son inculture, parlant de « roses » en lieu et place des rosaces ; en d’autre temps on confiait les Monuments Historiques à Prosper Mérimée, O tempora o Mores...
Si les français boudent cette bataille contre les promoteurs, les architectes du laid et les pouvoirs publics, on pourrait se retrouver avec une flèche de verre et d’acier, comme les verrues que sont la pyramide et les colonnes de Buren au milieu des joyaux que sont le Louvre et le Palais-Royal, et les bobos applaudiront…

La bataille contre les flammes fut longue, plus longue encore sera la lutte pour restaurer Notre-Dame et empêcher de la détruire une seconde fois.