POUR EN FINIR AVEC LE CRAF

EN REPONSE A L'ARTICLE DE LIBERATION SUR L'ACTION FRANCAISE

L'Action Française 23 mars 2019 01:41 Communiqués


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Le quotidien Libération du 18 mars a publié un article sur notre mouvement politique, faisant état de la scission du CRAF (Centre Royaliste d'Action Française). Cet article nous invite à élucider plusieurs points : la structure de l'Action Française et nos divergences politiques avec le CRAF qui a rompu avec les idées et le combat de l'Action Française.


Sur la structure de l'Action Française


Notre mouvement politique a été fondé et structuré à partir de son journal « L'Action Française » (dénommé d'abord « La Revue d'Action Française »). Ce journal a été créé par Maurice Pujo et Henri Vaugeois en 1899 dans le contexte de l'affaire Dreyfus, avant d'être rejoints par Charles Maurras qui a su concilier nationalisme et tradition contre-révolutionnaire.

A la mort de Maurice Pujo et à l'issue de l'interdiction d'usage du nom l'Action Française par les autorités républicaines, le successeur de Pujo, Georges Calzant, eût l'idée, en 1947, de publier de nouveau le journal sous le nom « Aspects de la France », en sauvegardant ainsi les initiales « AF ». Xavier Vallat succéda à Georges Calzant à la tête du journal, à la mort de ce dernier. Ensuite, les deux enfants de Maurice Pujo reprirent la direction :Pierre (jusqu'à sa mort en 2007) et Marie - Gabrielle.

Le journal de l'Action Française a toujours été géré par une société commerciale.

Autour du journal, quatre structures ont progressivement vu le jour afin de diffuser les idées des fondateurs et penseurs de ce journal : les Camelots du roi, la Restauration Nationale, le camp Maxime Real del Sarte et l'Institut de l'Action Française.

L'ensemble de ces structures, y compris le journal, étaient coordonnés et dirigés par un Comité Directeur, présidé par Charles Maurras. A la mort de ce dernier il était de tradition que le Directeur du journal prenne la direction du Comité Directeur.

Les Camelots du roi ont été créés par Maurice Pujo en 1908 pour vendre le journal à la criée.

Le fameux sculpteur Maxime Real del Sarte donna son nom à un camp d'été de formation de jeunes aux idées de notre mouvement politique (camp Maxime Real del Sarte). Le camp Maxime Real del Sarte est légalement dirigé par une association loi 1901, présidée par Monsieur Thibault de Bernis, selon les éléments recueillis auprès du service des associations à la Préfecture de Police de Paris.

L'Institut de l'Action Française est une association loi 1901 qui organise des conférences et des débats, faisant promouvoir les idées de l'Action Française. Cet institut est présidé par Michel Fromentoux, membre du Comité Directeur de l'Action Française.

Enfin et compte tenu du développement d'un mouvement de militants adoptant les idées de l'Action Française, une nouvelle structure a vu le jour, en 1955, avec pour objectif la vente du journal et la propagation des idées de l'Action Française telles que définies par le Comité Directeur et diffusées dans le journal. Cette structure adopta le nom de « La Restauration Nationale - Centre de Propagande Royaliste et d'Action Française », plus généralement connue par « La Restauration Nationale ».

Pour comprendre les objectifs et le fonctionnement de cette institution, nous nous rapportons à un communiqué publié dans le numéro 2479 du 12 au 18 juin 1997 du journal, rédigé par Monsieur Hilaire de Crémiers qui était alors le Secrétaire Général de la Restauration Nationale, nommé à ce titre par Pierre Pujo, Président du Comité Directeur :

« La Restauration Nationale est le mouvement qui met en œuvre les idées de l’Action Française. Ce mouvement a été créé en 1955 par Pierre Juhel, sous la direction du président du Comité directeur de l’Action française qui était alors Louis-Olivier de Roux. La Restauration nationale est chargée de la formation et des activités militantes de l’Action française, sous la haute direction du Comité directeur. Le mouvement regroupe les différentes fédérations régionales qui, elles-mêmes, regroupent les sections locales de la Restauration nationale.
La direction de la Restauration nationale est assurée par un directoire dont le président est Pierre Pujo. Il y a un délégué général à qui est confiée la marche générale du mouvement. Le secrétariat, au siège du mouvement, assure les relations avec les fédérations et les sections. Les étudiants et lycéens d’Action française ont leurs propres cercles et leurs propres activités dans le cadre de leur fédération et sous l’autorité du délégué général.
En tant que délégué général, et après avoir pris l’avis des présidents de fédérations et de sections, je suis amené à envisager une revitalisation et une redynamisation du mouvement. Avec leur aide, et l’aide de nos conférenciers et de nos militants, je compte bien, dans les années qui viennent, restructurer et recréer un maillage de sections avec des équipes actives de propagande. Tout le monde est conscient de la situation, il faut faire quelque chose
 ».

 Hilaire de Crémiers


Comme la plupart des mouvements politiques, l'Action Française traversa des moments de crises, marqués par la dissidence de certains ambitieux.

Il y eût d'abord « La Nation Française », dissidence de Pierre Boutang qui certes avait écrit dans le journal de l'Action Française et avait connu Charles Maurras, mais s'était totalement écarté de ses idées politiques. Pierre Pujo rapportait au sujet de Pierre Boutang le commentaire laconique de Maurras sur Boutang: « Boutang, c'est de la plaisanterie... ».

Il y eût ensuite la « Nouvelle Action Française », qui vit le jour dans des circonstances analogues à celles qui prévalaient lors de la création de « La Nation Française » par Pierre Boutang.
Gauchisante et Gaulliste, la Nouvelle Action Française prônait l'instauration d'une monarchie constitutionnelle et n'avait pas hésité à présenter la candidature de l'un de ses dirigeants, Bertrand Renouvin, à l'élection présidentielle, en 1974.

Enfin, il y eût une troisième crise en 1996 : la Restauration Nationale, dirigée par Hilaire de Crémiers, s'était soustraite à l'autorité de notre Comité Directeur et fit bande à part.
L'ancien religieux de la Contre Révolution Catholique (fondée par abbé de Nantes), Monsieur Hilaire de Crémiers, avait été nommé « Délégué Général » de la Restauration Nationale par Pierre Pujo (Président du Comité Directeur de l'AF). Mais, aussitôt, il s'opposa à ce dernier pour des raisons aussi bien politiques que pour des questions relatives à l'organisation du mouvement. Monsieur de Crémiers entama des actions judiciaires aussi bien à l'encontre du journal, qu'à l'encontre de Pierre Pujo, devant les tribunaux républicains.
Cette dernière dissidence accabla Pierre Pujo qui se trouva trahi, à la fois politiquement et personnellement, par Hilaire de Crémiers. Ce dernier s'était précipité pour octroyer un cadre juridique à la Restauration Nationale, en lui donnant le statut d'association Loi 1901 et en assumant sa présidence.

Pujo perdit alors confiance en son entourage, en constatant l'opportunisme personnel des nouvelles recrues de l'AF. Il demanda alors à Maître Elie Hatem, membre du Comité Directeur, de protéger les institutions de l'AF en leur donnant un cadre légal.

C'est ainsi qu'il a été procédé à l'enregistrement du Comité Directeur sous la forme d'une association déclarée, conforme à la loi de 1901, sous le nom de « Le Comité Directeur de l'Action Française », en 1998.

Parallèlement et pour pallier la dissidence de la Restauration Nationale, il a été procédé à la création d'une association appelée à assumer les mêmes fonctions que la Restauration Nationale exerçait avant de quitter nos rangs. C'est ainsi que le « Centre de Propagande d'Action Française » (C.P.A.F), une association selon la loi 1901, fut créé. Cette association changea plus tard de nom dans le cadre d'une assemblée générale pour devenir le « Centre Royaliste d'Action Française » (C.R.A.F).

Le camp Maxime Real Del Sarte a aussi pris la forme d'une association déclarée, selon la loi de 1901. Il a été présidé par Monsieur Thibaut de Bernis, à la demande de Pierre Pujo.

Enfin, il a été procédé à l'enregistrement du nom « L'Action Française » à l'I.N.P.I, au nom de Pierre Pujo, pour protéger cette appellation, parallèlement à la marque « L'Action Française 2000 » sous laquelle notre journal était publié (notre avocat avait trouvé une astuce juridique nous permettant de faire de nouveau éditer notre journal sous ce nom, au lieu d'Aspects de la France). L'« Action Française 2000 » fit donc également l'objet d'un autre enregistrement à l'INPI, au nom de Pierre Pujo.

Ce dernier était à la fois Président du Conseil d'Administration de la société commerciale éditrice du journal « L'Action Française 2000 » (la P.R.I.E.P : Palais Royal Impression, Edition, Presse), du mouvement chargé de diffuser le journal et d'organiser des événements afin de promouvoir les idées de l'Action Française (le C.R.A.F) ainsi que de l'instance dirigeante supérieur de l'AF : « Le Comité Directeur de l'Action Française ».

Les derniers membres du Comité Directeur étaient, à la mort de Pierre Pujo : Michel Fromentoux, Bernard Bonnaves, Michel Bracciali, Aymeric Chauprade, Thierry Bouclier, Stéphane Blanchonnet, Elie Hatem, André Charles (médecin de Pierre Pujo), Gérard Bedel, François Léger (décédé) et Stéphane Tilloy.

Il a été procédé à la désignation de ces membres selon les modalités prévues par les statuts de cette association.

Il a toujours été de règle, à l'Action Française, que le Secrétaire Général du mouvement (à l'époque la Restauration Nationale) ne fasse pas partie du Comité Directeur. C'est la raison pour laquelle Nicolas Kayanakis ne fit pas partie des membres statutaires du « Comité Directeur de l'Action Française ».

A la mort de Pierre Pujo (en 2007) et de Nicolas Kayanakis (en 2008), l'Action Française se trouva dépourvue d'un Chef capable de gérer l'ensemble de nos institutions. Thibault de Bernis prit alors la succession de Pierre Pujo. Il fut aussitôt écarté par Monsieur Olivier Dejouy dont des rumeurs faisaient état de son appartenance à la maçonnerie. Monsieur Dejouy plaça ensuite, comme Président de cette association déclarée, Monsieur François Bel Ker (alias Camille Berth).

Des réunions informelles entre certains membres du Comité Directeur, mais aussi du CRAF et des sympathisants de l'Action Française se tenaient sporadiquement.

Marie - Gabrielle Pujo, sœur de Pierre et fille de Maurice Pujo alors âgée de 75 ans, assurait la direction du journal « L'Action Française 2000 » qui était le maillon central de l'Action Française depuis sa création. Le CRAF imposa à Mme Marie-Gabrielle Pujo de nouveaux rédacteurs du journal qui ont orienté progressivement notre publication vers des idées étrangères à notre mouvement. Marie-Gabrielle Pujo (appelée aussi « Marielle ») subit aussi brimades, insultes, violence et humiliation. Elle voyait le mouvement politique créé par son père et auquel son frère Pierre avait consacré toute sa carrière décliner et surtout dériver.

Cette nouvelle équipe écarta progressivement les rédacteurs clés de notre journal : Michel Fromentoux (figure historique), Anne Bernet, Marc Savina etc... Marielle batailla pour sauvegarder Pascal Nari et Aristide Lecate.

Il a fallu attendre 2015, soit huit ans après la mort de Pierre Pujo, pour que le Comité Directeur de l'Action Française se réunisse, en constatant le délabrement et la dérive de notre mouvement.

A la majorité absolue des membres, il a été procédé à la désignation de Monsieur André Charles, Président, et Monsieur Gérard Bedel, Trésorier. Marielle Pujo ainsi que Clément Gautier, l'actuel Secrétaire Général, furent par la suite  cooptés selon les modalités prévues par les statuts de cette association pour faire partie du Comité, qui est aujourd'hui composé des membres suivants : Docteur André Charles, le Professeur Gérard Bedel, Monsieur Michel Fromentoux, Maître Elie Hatem (membres de cette association depuis sa déclaration à la Préfecture de Police de Paris), Madame Marie-Gabrielle Pujo et Clément Gautier (cooptés selon les dispositions des statuts de cette association).

Progressivement, les membres suivants avaient démissionné, après avoir participé à la régularisation de cette association : Aymeric Chauprade, Michel Bracciali et Thierry Bouclier.

Monsieur François Léger est décédé tandis que Messieurs Stéphane Blanchonnet et Bernard Bonnaves ont été écartés, en application des dispositions des statuts.

En effet, ancien membre de notre Comité Directeur, Monsieur Stéphane Blanchonnet, s'était auto-proclamé « Président » de notre Comité. Il a cru bon parler au nom du Comité Directeur de l'Action Française, mais en réalité, il a hissé un organe fantoche qui n'a aucune existence juridique. De même, Monsieur Blanchonnet s'était autoproclamé « membre » du Bureau Politique de l'Action Française, ce qui est également mensonger car « Le Bureau Politique de l'Action Française » est une association déclarée, présidée par Monsieur André Charles. Monsieur Blanchonnet s'est laissé dominer par les nouveaux membres du CRAF et son comportement a conduit l'association « Le Comité Directeur de l'Action Française » à l'exclure conformément aux dispositions des statuts de ladite association.

Les nouveaux membres du CRAF ont, par ailleurs, adopté une stratégie en vue d'étrangler notre journal financièrement, parallèlement à sa gangrène par des rédacteurs qui trahirent nos idées. Celà a provoqué une vague de désabonnements et Marielle Pujo reçut une pléthore de lettres d'abonnés et de lecteurs qui s'interrogeaient sur la dérive de « l'Action Française » et exprimaient leur mécontentement.

Financièrement, le CRAF a une dette de plus de 20.000 euros envers la société éditrice du journal (la P.R.I.E.P), représentant sa quote-part de participation aux charges en contre partie de son hébergement et occupation des locaux du 10, rue Croix-des-Petits-Champs.

En effet, ces locaux appartiennent à une SCI (la SCI DU PALAIS ROYAL) dont l'objet prévu dans les statuts est de mettre à disposition ces locaux au journal de l'Action Française. Un bail avec un loyer symbolique avait été établi par la SCI DU PALAIS ROYAL à la PRIEP, permettant ainsi à cette dernière d'exploiter ces locaux, en contre partie du paiement des charges. La PRIEP avait parallèlement consenti au CRAF le droit d'être hébergé dans ces locaux et d'en faire usage d'une partie moyennant une participation aux charges, conformément à ce bail.

La vague de désabonnement des lecteurs du journal et cette dette financière du CRAF ont conduit Marielle Pujo, alors âgée de 87 ans, à arrêter la publication de « L'Action Française 2000 » et de procéder à la liquidation judiciaire de la PRIEP, en janvier 2018.

Néanmoins, la marque « L'Action Française » demeure la propriété, en nom propre, de Marielle Pujo qui en a cédé, plus tard, l'usage à l'Association « Amitié et Action Française ». Cette marque est enregistrée en son nom, à l'INPI, dans les classes 16, 35 et 41 (N° d'enregistrement 02 3 177 788 au Registre National des Marques 496 411).

Par ailleurs et à la plus grande surprise du « Comité Directeur de l'Action Française », le CRAF s'était rapproché, en catimini, de la Restauration Nationale (qui avait fait dissidence en 1997, ce qui avait poussé d'ailleurs Pierre Pujo à créer le CRAF pour la remplacer).

Ces deux associations (le CRAF et la Restauration Nationale) ont fusionné.

Aussitôt, le « Comité Directeur de l'Action Française » s'est réuni pour exclure le CRAF de l'Action Française et prendre acte de sa fusion avec le mouvement dissident « La Restauration Nationale ».

Parallèlement, « Le Comité Directeur de l'Action Française » désigna l'association « Amitié & Action Française » afin de remplacer le CRAF et  sauvegarder ainsi les idées de notre mouvement politique.

En effet, « Le Comité Directeur de l'Action Française » a été alerté par les lecteurs de notre journal ainsi que par des militants et sympathisants de notre mouvement, avant de constater de près la dérive du CRAF qui utilise illégalement l'appellation « Action Française » et diffuse des idées étrangères à notre mouvement, vacillant entre la tendance de la « Nouvelle Action Française », celle de « La Restauration Nationale » avec laquelle il a récemment fusionné, celles d'autres mouvements politiques dont les idées n'ont rien à voir avec le nationalisme intégral.

Ainsi donc et en conclusion, relativement à la structure de l'Action Française, notre mouvement est dirigé par « Le Comité Directeur de l'Action Française » (qui a pris la forme d'une association Loi 1901) et dont les membres sont dans leur majorité ceux désignés par Pierre Pujo, avant d'être rejoints par Madame Marie-Gabrielle Pujo et Monsieur Clément Gautier. Il s'agit de personnalités compétentes, jouissant de carrières prestigieuses et d'une bonne et longue appartenance à l'Action Française à laquelle ils ont fait preuve de leur indéfectible fidélité. La diffusion des idées de l'Action Française, dans le respect de la ligne tracée par le Comité Directeur, est désormais assumée par l'association loi 1901 « Amitié et Action Française », en remplacement du CRAF qui a rejoint le mouvement dissident « La Restauration Nationale ». Compte tenu de la liquidation judiciaire du journal de l'Action Française mais aussi de l'essor du monde électronique, la diffusion des idées de l'AF se fait désormais et du moins provisoirement par internet sur le site de notre mouvement www.lactionfrancaise.fr

 

Nos divergences politiques avec le CRAF


Comme les lecteurs peuvent le remarquer d'eux-mêmes en visitant le site du CRAF, ses pages « Facebook » mais aussi sa nouvelle publication « Le Bien Commun », cette association ne s'inscrit plus dans les idées ni le combat de l'Action Française.

Après un tâtonnement et une perte de repères de ses dirigeants, dus à leur manque de formation, de culture et d'expérience, cette association cherche à imiter les partis politiques, à procéder à la démagogie pour séduire un grand nombre d'adhérents, sans pour autant les former aux idées de l'Action Française. Or, notre mouvement est fondamentalement critique vis-à-vis de la démagogie que pratiquent les partis politiques. L'Action Française privilégie la qualité à la quantité. C'est ce qui nous oppose d'ailleurs, à ce sujet, aux républicains qui se font prévaloir du principe démocratique fondé sur le nombre.

Or, le CRAF, ainsi que le démontre l'article de Libération qui cite à ce sujet des propos des dirigeants de cette association, préconise une stratégie de « dédiabolisation » de l'Action Française, en caressant le système pour avoir une visibilité médiatique, en adoptant le « politiquement correct », langage qui plaît au pouvoir républicain et aux groupes de pression. Cette stratégie est légitime pour les partis politiques qui aspirent au pouvoir au sein du régime républicain, ce qui n'est pas le cas de l'Action Française.

Ce quotidien du système (« Libération ») souligne à ce sujet : « cette scission offre l'occasion au Craf de tenter de rompre avec son image de groupuscule d'ultradroite  (...) La dénonciation du racisme et de l'antisémitisme fait parte des positions de l'Action Française », tente François Bel Ker, son secrétaire général.

Le CRAF va jusqu'à remettre en cause les maîtres de l'Action Française, en particulier Charles Maurras, en cherchant à censurer des parties de son œuvre. Or, notre mouvement politique n'a rien à se reprocher, y compris l'antisémitisme d’État prôné par le maître de Martigues, puisqu'il ne s'agit pas d'une théorie raciste faisant des Français de religion juive une entité à combattre. Au contraire, l'antisémitisme d’État condamne l'instrumentalisation de la religion juive à des fins politiques. Nous condamnons le judaïsme politique qui cherche à retrancher une catégorie des Français de la communauté nationale en les rattachant à une entité étrangère, créant ainsi un État dans l’État. L'Action Française n'a jamais été raciste. Ni elle en tant que mouvement politique, ni Charles Maurras n'ont été condamnés pour ce chef. Pierre Pujo a consacré une grande partie de son combat pour les Comores, en permettant à Mayotte de rester dans le giron de la France et en soutenant les Anjouanais (les Comoriens sont tous de religion musulmane). Charles Maurras avait des amis patriotes de religion juive qu'il considérait plus que des Français qui avaient trahi la Nation. Nous ne faisons pas l'amalgame entre le judaïsme et le judaïsme politique à l'instar de l'islam et de l'islam politique.

En revanche, nous avons constaté ce malencontreux amalgame fait par le CRAF dans ses publications sur la toile (son site et ses pages Facebook), ce qui a indigné nos sympathisants de religion musulmane... Mais il est vrai qu'ils préfèrent se laisser enseigner par monsieur Zemmour.

Nous regrettons également l'encouragement du communautarisme par le CRAF et son rapprochement des institutions communautaristes, à l'instar de l'UEJF : nous avons appris que l'une des personnes responsable du service de communication du CRAF viendrait de l'UEJF, ce qui expliquerait le silence du CRAF quand l'Action Française et Charles Maurras avaient été calomniés et diffamés lors de l'attaque dont Maître Elie Hatem, membre de notre Comité Directeur avait fait l'objet le 31 janvier dernier, où il lui avait été reproché son appartenance à notre mouvement ainsi que son admiration pour Maurras.

Dans l'article de Libération, il est reproché à Elie Hatem sa participation à des manifestations organisées par d'autres groupes politiques. Il est aussi reproché à Clément Gautier de s'être rendu au Forum de la Nation organisé par Yvan Benedetti et Pierre Sidos. Or, il faut relire Pierre Pujo qui nous invite à « participer à toute manifestation à laquelle nous somme conviés à condition de pouvoir parler librement et exposer nos propres idées, celles de l'Action Française, en les confrontant aux autres, y compris chez les communistes ». Nous n'avons donc aucun complexe de prendre la parole ou de participer à des réunions organisées par des mouvements dont nous ne partageons strictement pas la pensée politique. Le compromis nationaliste n'est en rien une alliance.

La démagogie du CRAF est à son comble : l'article publié par  Libération, souligne que « Il (Monsieur François Bel Ker) assure qu'Elie Hatem est écarté du mouvement depuis 2015, après sa participation aux municipales dans le IVème arrondissement de Paris sous les couleurs du Rassemblement Bleu Marine, et de ses prises de parole avec les intégristes catholiques de Civitas ».

Cet article fait état d'une contradiction dans les propos de Monsieur Bel Ker puisqu'il rappelle : « en outre, Hatem a continué à signer dans le journal de l'Action Française, animé par le Craf, ainsi que sur leur site web, jusqu'en janvier 2018. » Soit trois ans après sa mise à l'écart supposée.

Plus qu'une contradiction de la part des dirigeants du CRAF, nous démontrons à nos lecteurs leurs mensonges. Monsieur Bel Ker prétend qu'Elie Hatem a été écarté en raison de ses prises de parole avec Civitas et sa participation aux élections municipales en 2014.

Or, Maître Elie Hatem n'a jamais fait partie du CRAF. Il a uniquement rédigé ses statuts à la demande de Pierre Pujo.

C'est Monsieur François Bel Ker qui a proposé, en avril 2015, à Civitas, que Maître Elie Hatem prenne la parole chez eux :

« Bonjour, Veuillez excuser le retard de cette réponse. (…) L'AF organise son cortège le dimanche matin à 10h, de l'Opéra à la Statue de Sainte Jeanne d'Arc, rue de Rivoli. Je vous remercie pour votre invitation chaleureuse, mais le dimanche après – midi nos équipes techniques, nos cadres et une partie de nos militants sont concernés par des réunions de secteurs. Au sujet de MPI, je vous propose que Maître Elie Hatem (membre du Comité Directeur de l'AF) qui prendra la parole devant Sainte Jeanne d'Arc le 10 mai prochain, puisse enregistrer une brève vidéo appelant à venir honorer Sainte Jeanne d'Arc le matin avec l'Action française et spécifier que tout au long de la journée les hommages ne manqueront pas pour honorer la Sainte (en citant bien sûr Civitas).
Le tryptique Dieu, Famille, Patrie, qui fut la devise des phalanges libanaises, ne peut que séduire notre ami commun Elie Hatem.
Cordialement,
François Bel Ker
 »

(Voir la copie de cet échange courriel entre Messieurs Bel Ker et A. Escada).

Enfin, au sujet de la candidature d’Elie Hatem aux municipales en 2014, un an avant ce message cordial de Monsieur Bel Ker à Alain Escada, ce sont les militants du CRAF qui ont assuré cette campagne électorale.

Maître Elie Hatem s'était présenté en tant que maurassien, membre du Comité Directeur de l'Action Française à ces élections locales, à l'instar de Monsieur Stéphane Tilloy, ancien Secrétaire Général de la Restauration Nationale du temps de Pierre Pujo. En effet, l'Action Française n'est pas hostile aux processus électoral local. Comme l'avait souligné Elie Hatem à cette occasion où il avait profité de l'ombrelle du Rassemblement Bleu Marine soutenant sa candidature, en citant Maurras : « je suis autant de fois républicain qu'il y a des communes en France ».

Enfin, il n'est pas inintéressant de souligner la dérive gauchisante du CRAF qui n'a pas hésité à faire paraître un magazine intitulé « Le Bien Commun ». Fondateur d'« Alternative », périodique qui se revendiquant comme la continuation du Cercle Proudhon, prônant un syndicalisme révolutionnaire, influencé par les idées de Georges Sorel et de son disciple Edouard Berth, Monsieur Bel Ker cherche à dénaturer l'Action Française, en remettant en cause les idées de ses maîtres, en s'écartant des idées fondamentales et équilibrées de notre mouvement, élaborées et restructurées par Pierre Pujo.

Enfin, parallèlement et malgré un rapprochement avec Egalité & Réconciliation, le CRAF se lance dans une campagne démagogique anti-musulmane primaire, en s'écartant des principes et des fondements de notre mouvement. En mettant en exergue « l'islamisation » de la France, le danger du phénomène de l'immigration, en appelant à combattre les musulmans et les immigrés, en vue d'attirer une partie de l'opinion publique, le CRAF s'écarte de la méthode de l'empirisme organisateur qui implique l'analyse des causes des phénomènes politiques et sociaux pour pouvoir y remédier, en dénonçant les erreurs voire les fautes commises par la république qui a porté atteinte à notre souveraineté nationale et a permis de dissoudre la France dans le mondialisme et le libéralisme sauvage. Ce sont les choix politiques du pays légal, de la République, qu'il convient de dénoncer et de combattre et qui sont la cause de l'état dans lequel se trouve notre pays.

Nous n'admettrons jamais que le CRAF se fasse prévaloir d'un lien avec l'Action Française, dont la dénomination (la marque « L'Action Française ») est la propriété de Mme Marielle Pujo qui en a cédé l'usage à Amitié & Action Française.

Nous évitons, pour le moment, de nous faire prévaloir de nos droits devant les tribunaux républicains, sauf si nous sommes contraints de le faire dans l'intérêt de la survie de l'Action Française.


L'Action Française