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Quelle indépendance ? Quelle nation ?

Quelle indépendance ? Quelle nation ?

D’abord, il y eut Sadiq Khan. Avocat, député, ministre travailliste, il devint en 2016 à 46 ans le premier maire musulman de Londres d’origine pakistanaise. Puis il y eut Rishi Sunak : député, ministre des finances, cet hindou richissime fut nommé en octobre 2022, à 42 ans, premier ministre conservateur de sa Gracieuse majesté la reine Elisabeth II. Aujourd’hui le dernier de la liste est Humza Yousaf, nouvellement élu premier ministre de l’Ecosse. Détail amusant, ce musulman pakistanais est le chef du SNP, le parti indépendantiste écossais. Après sa victoire, il a promis de faire partie de « la génération qui obtiendra l’indépendance », en précisant que « le peuple » écossais a « besoin de l’indépendance dès maintenant, plus que jamais ».

Cela nous montre plusieurs choses. Que le grand remplacement est encore plus manifeste en Grande-Bretagne qu’en France. Que la révolution en cours est très souple : elle fait avancer la « diversité » sous trois étiquettes différentes : l’essentiel est de promouvoir un non blanc, non chrétien, un coloré mélangé. Avec des compensations : Sunak par exemple se dit « indo-britannique », mais il rassure les milieux d’affaires par son amour de l’argent et des énergies fossiles. Enfin, surtout, nous découvrons dans ces nouveaux visages à quoi servent les nations dans le dispositif de la révolution mondialiste.

Tout en critiquant le racisme pseudo-scientifique du National-Socialisme et ses illusions de race pure, Charles Maurras recommandait le nationalisme intégral, c’est à dire la reconnaissance, par les fils d’un même peuple accouché par l’histoire, de toute cette histoire constitutive. Les « nations » d’aujourd’hui l’amuseraient même en le navrant, puisqu’au nom d’un racisme diamétralement opposé au racisme nazi, l’arc-en-ciel prétend détruire l’unité nationale sécrétée par l’histoire, comme le faisait aussi le national-socialisme.

Expliquons-nous d’un mot. Au nom d’une certaine idée (aujourd’hui le mélangisme, hier le purisme) qu’on s’est forgée de la nation, on prétend la transformer selon sa propre volonté, on rompt la nature des choses et de l’histoire : continuer à parler de France ou de Grande Bretagne pour les nouveaux objets historiques ainsi créés est une malhonnêteté sémantique et un acte révolutionnaire. Le grand remplacement est une fureur raciste destructrice de la nation, comme tenta de l’être, en beaucoup plus petit, l’hitlérisme.

Prenons un peu de recul pour nous faire une idée de ce que les médias présentent comme des poussées nationales. La sécession avortée de la Catalogne, souhaitée par les banques et les médias, aurait produit une sorte de super Monaco bobo, écolo, lgbt+, open bar des ethnies, un super laboratoire de l’arc-en-ciel. Las, l’Espagne avait trop besoin de Barcelone. Le Brexit, maintenant. Il n’a nullement freiné la léopardisation du Royaume-Uni, il l’a même rendue plus facile en mettant quelque baume sur les plaies des nostalgiques de l’empire. La révolution souple se sert de tous les accidents du terrain pour faire advenir l’homme nouveau. Si, ce que la démographie électorale rend pour l’instant peu probable, l’Ecosse devenait indépendante avec un musulman pakistanais à sa tête, ce serait un merveilleux signal fort pour rejoindre l’union européenne cosmopolite et assujettie aux Etats-Unis.

Quant à l’Ukraine, l’UE y a soutenu dès 2014 les nationalistes, Fabius soutenant Svoboda contre Moscou et le grand rabbin de Kiev n’ayant que louanges pour Pravy Sektor qui allait devenir le bataillon Azov. Quand c’est utile, on peut soutenir des néo-nazis, de même qu’en Syrie on pouvait soutenir des terroristes ( Toujours Fabius : « Al Nosra a fait du bon boulot ».) Si l’objectif de Biden et de Wall Street est d’installer un pion anti-russe à Kiev et de faire de l’argent, celui de Bruxelles est d’y faire croître le droit et les valeurs de l’arc-en-ciel. La dialectique révolutionnaire utilise les « nations », et même les « nationalismes » à son profit, au gré des circonstances. Ce sont des mots. Quant à la réalité de la nation, on le voit en France, au Royaume Uni et en Ukraine, elle est bafouée, et en voie de destruction.

Martin Peltier

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