Marie-Gabrielle et son frère Pierre Pujo, deux vies au service du bien commun
 
L’Action Française est en deuil. C’est avec une grande tristesse que nous faisons part du décès à l’âge de 89 ans de Marie-Gabrielle Pujo, fille du fondateur de l’Action Française et filleule de Charles Maurras. Elle a, à la suite de son père Maurice Pujo (1872-1955) et de son frère Pierre Pujo (1929-2007), sacrifié sa carrière pour le royaume des Lys et pour l’Action Française.
 
Marielle fut une militante énergique dès son plus jeune âge, elle participa aux camps Maxime Real del Sarte et aux grandes manifestations de l’AF. Au décès de son frère, elle reprit le flambeau en devenant présidente de la société éditrice de L’Action française 2000 (PRIEP), de 2007 à 2018.
Membre du Comité Directeur, c’est avec une grande tristesse qu’elle assista à une dédiabolisation du mouvement impulsée par certains. Elle soutint donc, avec l’ensemble du Comité Directeur, l’association “Amitié et Action Française” et participa à nombre de ses manifestations.
 
Dans un texte de conférence qu’il avait intitulé « Être d’Action Française », Pierre Pujo citait dès la première ligne une formule de Charles Maurras et à laquelle, manifestement, il identifiait sa démarche d’héritier. « Je me vois accusé de mettre en avant la politique mais dans cette passion de la politique, il y a, tout en haut, la passion de la vérité. La vérité ! Quelque chose de sacré dont ma vie a été fascinée, tout entière. » Cette passion pour la vérité politique avait poussé Marielle à réagir avec force alors qu’on nous accusait d’être un repère de pétainistes. 
 
Marielle comme Pierre se sont souvenus toute leur vie de la manière dont Maurice Pujo avait rejeté le libéralisme qu’il avait fait sien pourtant au cours de sa propre jeunesse. « Le libéral, écrivait Pierre Pujo, capitule sur toutes les valeurs tout en se présentant comme partisan de la famille, de la patrie, et de la religion. »
La grandeur de Marielle, ne l’oublions pas, c’est qu’elle n’a jamais voulu être, en ce sens, une libérale. Et que libérale, elle l’a été en un autre sens, dans sa générosité, dans sa volonté de montrer aux Français la voie royale du salut national.
 
Marielle était la filleule de Charles Maurras, elle a comme son frère Pierre baigné dans cette grande famille de l’Action Française depuis sa plus jeune enfance. Elle fut donc un témoin des multiples crises que connut notre mouvement. Malgré les difficultés rencontrées, les trahisons de beaucoup et les brimades dont elle a fait l’objet, Marielle gardait, avec son caractère bien trempé, des principes clairs et une grande espérance.
 
Nous avions eu la joie de l’accueillir le 29 février 2019 lors du grand banquet organisé pour fêter les 120 ans de l’Enquête sur la Monarchie, elle s’y était rendue symboliquement avec la cane de son père qui avait servi à administrer quelques corrections à des républicains du siècle dernier !
 
L’exemple de Marielle nous enseigne la piété filiale : elle se savait « débitrice insolvable », elle avait à l’esprit que le patrimoine reçu est là pour le transmettre et non uniquement pour en jouir de manière égoïste. Aussi, c’est parce que cette impiété à l’égard de la Patrie n’a jamais été aussi grande que nous continuons à honorer ceux qui ont fait la France : nos rois certes, mais aussi l’immense cortège de tous nos saints, de nos héros et de nos soldats, célèbres ou silencieux, qui ont foulé le sol de notre beau pays et contribué à transmettre et à enrichir le patrimoine de notre civilisation.
 
A la suite de Marielle et de tous ceux qui ont marché avant nous sur le sillon du nationalisme intégral, continuons fidèlement le combat, montrons aux Français la voie royale du salut national et sachons courageusement garder l’Espérance.
   
 
A bas la Gueuse et pour que vive la France, vive le Roi ! 

Seigneur endormez-moi dans votre paix certaine entre les bras de l’Espérance et de l’Amour.

 

Charles Maurras

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